Cecilia, you’re breaking my heart

L’histoire visuelle et musicale d’une solitude, d’une époque de l’existence qui hantera longtemps la voix nous racontant ses peines et abandons. Silly Boy Blue signe un court-métrage poignant et allant droit au cœur ; quitte à le briser.

« This town is not the one I like ». La perte, l’égarement dans l’isolement. L’héroïne des images granuleuses de « Cecilia » ne parle pas, ne chante pas, sourit rarement. Elle se souvient, suivie par le regard d’une caméra ayant presque peur de rompre le charme. Les réminiscences, elles, ralenties telles des bribes de mémoire, sont à l’opposé. Libres, heureuses. Durant quelques secondes, les deux femmes seront sur le même plan. Puis, l’absence. La chanson de Silly Boy Blue, voix en chœurs retenus et claviers cristallins, est une ultime lettre à l’aimée, à la seconde moitié d’une seule et même personne.

« You don’t really know I tried » ; l’espace de l’incompréhension, de la distance. Implacable et bouleversant. « But you will » ; plus que le titre du premier EP de la musicienne à paraître le 26 octobre prochain, c’est l’aveu d’un regret et d’une envie de corriger ce qui doit l’être. De devenir soi grâce à l’autre. De délier les langues et de parler, porté par les tourments et le besoin viscéral d’une expressivité ; qui, si elle ne peut être dite, sera suggérée par les notes et le timbre vocal. « Cecilia » est une sublime expérience émotionnelle, un spleen vécu et partagé pour offrir, à celles et ceux qui s’égarent, un abri où se réfugier.