Power to Misery Index !

On en a bouffé, de la nouveauté metal, depuis le début de l’année ! Mais, de retours très attendus (et souvent décevants) à des prouesses inédites et, malheureusement, trop répétitives, on a surtout été très déçus, constamment frappés par une sensation d’inachevé, de facilité parfois, de fainéantise souvent. Certains se cachent derrière une recette éprouvée et sans aucune saveur, d’autres comblent des lacunes de propos sous des tonnes de performances techniques qui, au mieux, deviennent gênantes ou, au pire, carrément embarrassantes. On s’ennuyait ferme. Puis, sans crier gare, « Rituals of Power » de Misery Index est paru ; et plus rien n’a été comme avant. L’album que l’on n’espérait plus. Le sauveur. La claque tonitruante de l’extrême. Le rédempteur.

Il est difficile de démarquer certains titres de l’opus, tant sa cohérence est frappante. Les soli de guitare de « Decline and Fall » et « New Salem » sont les transitions parfaites vers des idées en constante ébullition, chassant sur les terres dévastées du death et du heavy (« They Always Come Back »), et la force de composition de ces 35 minutes de furie maligne et intelligente ne provoque aucun ennui. « The Choir Invisible » suggère l’angoisse et l’attente quand, plus loin, « Hammering the Nails » brise les phalanges et détruit, lentement mais sûrement, les cartilages de nos crânes abasourdis. Les riffs sont précis, d’une beauté noire et rugueuse, et le chant guttural porte en lui les stigmates d’efforts surhumains pour répondre à l’énergie lourde et mécanique de ses terreaux instrumentaux. Des rituels appelant à la résurrection de genres se reposant sur leurs couronnes d’épines, révolutionnant l’écriture et la performance.

Pour nous, LE meilleur album metal de 2019, qu’il sera difficile de détrôner. Misery Index s’est transformé en une référence surpassant ses congénères, ces (bons) derniers devant redoubler d’efforts pour atteindre un tel niveau.

crédit : Heidi Strengell

« Rituals of Power » de Misery Index, disponible depuis le 8 mars 2019 chez Season of Mist.