Come in my cave

Alliage magnifique de lumière et de claustrophobie, le nouveau clip de Mathilde Fernandez confirme la capacité de cette artiste hors-norme à ancrer son écriture et ses mélodies dans des décorums personnels et fascinants.

Le nouvel EP de l’inclassable Mathilde Fernandez, « Hyperstition », sort demain. Mais, en attendant le digne successeur de « Live à Las Vegas », petite merveille de lyrisme ample et décalé et de songwriting à la poésie acide, « Oubliette » s’impose comme l’introduction parfaite de ce tournant que la musicienne a pris, sans pour autant brûler les racines d’un art qui lui est propre. Ici, la captivité se mêle à l’absence d’inspiration, à cette page blanche que l’on craint et qui, inattendue, parvient à ses fins. Les éclairages éblouissants de ce véritable court-métrage rappellent la petite mort du créateur face au vide, emprisonné dans une âme qui ne lui appartient plus.

La métamorphose de Mathilde Fernandez, tandis que l’action se mue en onirisme et en violence quasi viscérale, invitant le rouge à caresser les atmosphères ténébreuses du cinéma fantastique des années 70, éclate devant nous, entre bien et mal, entre vice et vertu, entre chasse au sorcière médiévale et réincarnation guerrière. Une dualité qui fait partie de l’identité même de cette passionnante compositrice, dans la performance mystique et vibrante qu’elle met en scène au fur et à mesure de ses inspirations. « Oubliette » collectionne les plans subliminaux et une sensualité à fleur de peau, s’imprimant immédiatement et pour longtemps sur nos rétines et nos cerveaux.