Et les étoiles rient et pleurent

En interrogeant le spectateur sur la volonté inébranlable du lien familial et le besoin de poursuivre, jusqu’à l’extrême limite, la présence de l’être aimé, « L’Adieu Final » est un court-métrage d’une force émotionnelle puissante et humaine.

Ne pas laisser partir ceux qui nous sont chers. Les écouter, une dernière fois, avant l’élévation. Vers les étoiles, qui nous souriront quand nous les regarderons d’en bas. « L’Adieu Final » débute comme la confidentialité des ultimes instants d’une mère tombée dans le coma, mais que ses deux enfants ne veulent pas laisser partir sans lui dire au revoir. Camille, la fille, utilise un appareil qu’elle a modifié afin de communiquer avec celle qui l’a chérie, grâce à une connexion cérébrale à l’aide d’électrodes. Le système permet d’exaucer les derniers vœux de chacun, proches comme condamnés, en pénétrant dans « le pays des larmes » si cher au Petit Prince de Saint-Exupéry . Une expérience qui se transforme rapidement en sacerdoce pour Camille et son frère, Gaspard, délivrant leur invention aux individus qui en éprouvent le besoin. Un accompagnement dont la douceur et les intentions demeurent terriblement poignants.

Le court-métrage d’Aurélien Rapatel est d’une constante poésie. Les lieux mentaux sont d’un réalisme saisissant, décors des rencontres et des paroles que la réalité empêche. De même, le jeu de Juliette Tresanini et Jérémy Nadeau, sobre et naturel (et d’une légèreté vive et amusante lors de leur « petite danse maison »), s’empare de rôles pourtant difficiles à assumer et incarner. Dans une semi-pénombre, chaque source de lumière est un appel de l’au-delà, du mouvement ascendant vers un destin que personne ne connaît avant d’y avoir été confronté.

Mais c’est surtout l’engagement de Camille et Gaspard qui donne à « L’Adieu Final » une valeur actuelle que l’on ne pourra négliger. Dans ces éternels débats sur la fin de vie, le film n’apporte pas de réponse radicale ; mais il impose une réflexion sentimentale qui, indéniablement, est la seule qui se devrait de compter mais qui est constamment rejetée. Le sacrifice de Camille en est un admirable exemple : jusqu’où l’être humain peut-il aller pour adoucir la douleur et la solitude ? Parfait de bout en bout, « L’Adieu Final » est une leçon visuelle et idéologique n’oubliant pas sa portée sensitive, nous laissant face au noir absolu, les larmes coulant le long de nos joues.