Un peu plus près des étoiles

En attendant « A Shore Far From Any Prison », dont la sortie est prévue pour le 1er octobre prochain, l’inépuisable Clara Engel nous offre une douce rêverie, rencontre entre l’âme et le cœur.

crédit : Ilyse Krivel

On aime Clara Engel depuis notre première rencontre en 2017, grâce à son magnifique « Songs for Leonora Carrington ». Déjà, quelque chose nous disait que la musicienne était, sans aucun doute possible, une véritable magicienne des mots et des harmonies, créant à elle seule un univers sonore océanique, profond et contemplatif. Celle qui, alors que son nouvel EP est sur le point de voir le jour, n’a de cesse de chercher, tant et plus, l’essence d’un art dans lequel on s’immerge avec délice et mélancolie, se livre sur « Abandoned Planetarium » ; l’histoire hallucinée de retrouvailles perlées de larmes, d’amour et de fantômes.

Seule avec son Zoom H5, la Canadienne a caressé l’écrin d’une complainte solitaire et désespérée, d’un mirage devenant réalité. L’écho de la guitare, prêt à s’échapper, se raccroche à l’existence dans le timbre confident et poignant de Clara Engel, dans cette expression si particulière et qui n’appartient qu’à elle. La couleur grise, baignant le monde imaginaire où elle nous convie, paraît briller et resplendir en nous, lente et charnelle. Les secondes se taisent et dessinent, dans les décombres d’un planétarium qui pourrait être notre âme, la berceuse d’une rencontre éphémère mais à l’importance capitale. Un chant du désespoir et de la consolation, véritable catharsis de nos instants d’isolement et de tristesse.