Déviations

Constamment taxé de « black metal » au fil de ses productions et de son histoire, le combo américain Black Anvil n’en a pourtant que l’apparence et le visuel, si l’on en croit son logo et le symbolisme de ses pochettes. Mais c’est pour mieux tordre le cou à ces a priori devenus plus qu’encombrants que les musiciens sortent « Miles », un EP qui risque bel et bien de faire parler de lui cette année, non seulement du fait de sa qualité mais, plus que tout, de la variété de son contenu. Black Anvil s’affirme comme la quintessence du metal, sachant tout faire et mettre sur partition et bandes magnétiques avec un génie hors du commun.

Alors oui, « Iron Sharpens Iron » ne fera pas mentir les fans de la première heure ; du black pur jus, orientant ses riffs vers une puissance rarement entendue jusqu’alors. Cette même puissance qui fait tout l’intérêt d’un exercice de style tel que « Miles », qu’on la retrouve dans les sonorités rock de la piste éponyme, dans les élans blues du formidable « Everlasting Saturnalia » (et quel mur de guitares pour porter l’intégralité de ces quatre minutes de transe absolue ; The Devil’s Blood a de quoi être fier !) ou encore par le biais de la cover du « A Corpse Without Soul » de Mercyful Fate, assimilée et interprétée avec respect et vigueur dans ses nombreux mouvements vocaux et rythmiques entre power et death. Du grand art.

Chacun trouvera son compte grâce à ce disque semblant sorti tout droit des entrailles venteuses d’une tornade sonore que rien ne peut arrêter. Black Anvil est, pour ceux qui en doutaient encore, le projet de tous les fantasmes et de tous les possibles ; même les plus inimaginables.

crédit : Lani Lee Photography

« Miles » de Black Anvil, disponible depuis le 9 mars 2019 chez STB Records.